Dans son métier, Gérard Soula est une personnalité reconnue : en 1990 déjà, il créait sa première société de biotechnologie, Flamel Technologies Inc, qui devint en 1996 la seconde société française à entrer au Nasdaq… En 2005, il récidive en créant Adocia SAS, qui vient de lever 14 M €, après une première levée de fonds de 12 M € en 2007.… Mais, comment fait-il… ?
« Bien sûr, notre expérience en management de sociétés innovantes a compté… Mais, la confiance des investisseurs s’est aussi nourrie de l’intérêt prouvé de grands groupes Biopharmaceutiques et des dispositifs médicaux pour notre technologie unique. On peut ainsi concevoir des produits performants qui concernent un marché mondial de dizaines ou plutôt centaines de millions de personnes, si l’on ne pense par exemple qu’à celles qui souffrent du diabète… En tout cas, nous sommes très heureux d’avoir obtenu l’appui financier de deux nouveaux investisseurs prestigieux, InnoBio et SHAM, mais également de continuer à bénéficier du soutien de nos investisseurs historiques : AGF Private Equity, Société Générale Asset Management, Bioam Gestion, Viveris Management et deux investisseurs privés, Jean Deléage et Alain Tornier. Nous disposons désormais de ressources financières pour assurer le développement clinique des produits issus de notre technologie BioChaperone™, et envisager une introduction en bourse d’ici deux à trois ans. »
« Scientifiques créatifs » de père en fils…
BioChaperone™ est le nom de la famille des polymères qui, inspirés de l’héparine, ont la propriété de protéger et d’augmenter l’efficacité des protéines thérapeutiques, avec lesquelles ils forment des complexes moléculaires spécifiques. Différents BioChaperone™ ont été conçus "sur mesure", pour chacune des protéines étudiées et ont donné lieu au dépôt de plus de vingt brevets par Adocia SAS.
« Notre travail est très complexe… En fait, nous sommes des bio-physiciens. Nous reprenons des médicaments tombés dans le domaine public, et qui en leurs temps furent mis sur le marché en des formes que nous appelons “primitives”. Nous cherchons à en optimiser les performances, tant thérapeutiques qu’en termes de coûts ou de minimisation des effets secondaires. Mais, n’allez pas croire que cela ne serait qu’une sorte de lifting… Nous réinventons quasiment tout, jusqu’à faire la preuve de concept. Après quoi, nous cédons une licence à un groupe pharmaceutique, à charge pour lui de développer le produit et d’en assurer la commercialisation. C’est cela notre modèle économique. Nous, nous voulons rester des scientifiques, créateurs d’innovations ».
Et en famille ! Car si l’entreprise compte aujourd’hui 49 salariés, et peut-être une soixantaine à la fin de 2010, elle a été fondée par Gérard Soula, Docteur en chimie et diplômé MBA, et… ses deux fils : Rémi, 34 ans, Docteur en chimie organique et « designer » des polymères, et Olivier, 39 ans, Docteur en science de polymères, diplômé MBA (comme papa !) et Directeur R & D d’Adocia SAS… qui mérite ainsi son appellation à plusieurs titres, puisque « adocia » est le substantif d'une éponge marine remarquable pour son étonnante capacité à se régénérer !
Le bonheur d’être utile
« Vous savez, travailler en famille et voir ses enfants assurer la relève, c’est un grand bonheur ! Certains critiquent, d’autres nous félicitent… Pour un fils d’ouvrier marseillais comme moi – mon père était marin dans la marine marchande, mais cambusier, toujours en fond de cale, et il partait durant de longs mois… – ce fut déjà une grande chance de pouvoir faire des études et de travailler chez Rhône-Poulenc durant vingt ans, jusqu’à y devenir Directeur de la recherche scientifique. Et puis, cette création d’entreprise, avec mes fils… Alors non, j’ai mes 65 ans, mais je n’ai pas envie de décrocher ! Je suis de ces hommes qui ont été formés au respect du travail, et des autres. Je me reconnais dans « Le premier homme », d’Albert Camus, dont on a beaucoup parlé ces temps-ci. Et mes fils, je crois, sont dans ce même état d’esprit. Alors, tant que l’on sait faire quelque chose d’utile, non, il ne faut pas décrocher ! »
Quelque chose d’utile ? Chez Adocia, cela signifie, par exemple, finaliser l’ambitieux chantier en cours qui permettrait d’aboutir à des molécules qui faciliteraient la cicatrisation des pieds ulcérés des diabétiques, et d’éviter ainsi leur mutilation. Ou encore, l’autre grand chantier du moment, pour lequel Adocia a d’ailleurs obtenu un soutien d’Oseo : inventer les molécules qui permettront la régénérescence des os, évitant ainsi les fractures du col du fémur, dont on sait qu’un tiers des personnes qui en sont victimes ne remarcheront plus, qu’un autre tiers connaîtra une seconde fracture, et que leur espérance de vie culmine à cinq ans…
Alors, en ce début d’année 2010, on ne peut que souhaiter une longue vie multi-générationnelle et la plus belle réussite à « la petite entreprise de la tribu Soula »… « Eh oui, avec mes trois enfants et mes huit petits-enfants, nous sommes comme une tribu, s’amuse Gérard Soula. On travaille ensemble, on fait du catamaran et du ski ensemble. Et pour l’instant, je crois que je tiens bien mon rôle de chef de clan ! » s’exclame, heureux, Gérard Soula.
Adocia SAS
115, avenue Lacassagne
69 003 Lyon
Tél. : +33 (0)4 72 610 610
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Courriel : n.villot@adocia.com
Site : www.adocia.com

