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Pierrick Guivarc’h, Président d’IRIUM group : Technicien, financier, gestionnaire et homme de marketing, installé sur un marché de niche

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Pierrick Guivarc’h, Président d’IRIUM group

Née en 1982 à La Rochelle, IRIUM conçoit des logiciels de gestion pour les concessionnaires, importateurs, loueurs et réparateurs de matériels : machines agricoles et de loisirs, équipements de construction et de manutention, poids lourds, pièces et matériels. Pierrick Guivarc’h, 51 ans, a repris l’entreprise au milieu de l’année 2007. Récit d’un parcours réussi, mais semé d’embûches.

Pierrick Guivarc’h, de formation ingénieur télécom, diplômé en économie, commence sa carrière en 1986 comme ingénieur dans le développement informatique chez Altran Technologies. En 1989, il change de cap et rejoint le monde du conseil et du marketing en entrant au Bureau d’Informations et de Prévisions Economiques (BIPE) : « j’ai rejoint le BIPE dans une équipe sectorielle, pour m’occuper du pôle informatique et télécoms. Il s’agissait de réaliser des études de marchés et des analyses de positionnement pour les directions marketing de grands groupes ». En parallèle il suit l’IAE et obtiendra un MBA. « Je voulais compléter mon profil avec la partie gestion ».

En 1993, une opportunité se présente : il entre à la banque Indosuez comme analyste financier sur le marché primaire pour des introductions en bourse et des fusions & acquisitions sur le secteur des Télécoms.  Basé à Paris, Il travaille pour des clients installés principalement en Europe, mais aussi en Turquie et en Asie du Sud-Est.
Il rejoint la Société Générale en 1996 qui développe son activité de banque d’investissement pour faire des opérations de fusion & acquisition principalement dans le secteur des logiciels et services. Toujours basé à Paris, il passe sous management américain chez SG Cowen : « j’y ai enrichi mon domaine d’activité avec tous types d’opérations pour de grosses PME dans le secteur des logiciels et services : fusions, acquisitions, levées de fonds privées ou publiques…»

Fin 2004, c’est le virage entrepreneurial à un peu plus de 40 ans : « Je n’étais pas banquier dans l’âme, et le contact avec les dirigeants de PME m’a donné envie de faire autre chose. Je suis d’abord parti dans un schéma de création d’entreprise en devenant Business Angel, fin 2005 ».
 Il est en contact avec un certain nombre de pépinières, tournées autour de la technologie, mais ne trouve pas l’équipe dont il rêve. Il se tourne vers la reprise : « « je cherchais une entreprise dans le domaine de l’édition logicielle sur l’arc Atlantique, pour éviter l’île de France où sont tous les repreneurs. La taille idéale était pour moi une entreprise avec un chiffre d’affaires se situant entre 3 et 10 M€ ».

Le futur repreneur a trois dossiers « sous le coude », dont la société IRIUM. Il rencontre le fondateur en mai 2006. IRIUM réalisait à l’époque 8 M€ de CA avec 80 salariés. Elle est dans le domaine du logiciel dans un marché de niche, celui de la distribution de gros matériels. Petite surprise, tout de même : « le fondateur était en train de fusionner avec deux autres sociétés ; L’entreprise passait de 8 à 13 M€ de CA et de 80 à 130 personnes, une taille un peu supérieure à mes critères ».
Il aura fallu 12 mois pour finaliser l’acquisition car la fusion à trois a rendu la situation plus complexe : « Il y avait 4 actionnaires, huit sociétés sans comptes consolidés, et le groupe était dans une situation financière tendue en quasi-retournement. Malgré tout, j’avais un accord de principe avec le fondateur et le directeur des opérations, et je croyais pouvoir aller au bout de cette opération… mais je devais lever les fonds ! ».

Le repreneur est convaincu de sa stratégie et il prend don bâton de pèlerin, contacte quelques fonds d’investissement et décide de partir avec Occam, qui ayant peu d’expérience de LBO lui laisse les « mains libres ». Pierrick Guivarc’h monte directement le dossier de la dette avec les banquiers du groupe IRIUM, et finalise l’acquisition en juillet 2007 en y associant le directeur des opérations, le directeur commercial et un cadre consultant.

Il fait ses premiers pas en août 2007 et est tout de suite confronté à la réalité du terrain : « quelques hommes clés avaient décidé de partir, peu de process organisationnels étaient en place et il y avait, de plus, des problèmes sociaux sur une activité en décroissance ». Inquiétant mais pas insurmontable pour un repreneur qui en a vu d’autres. Pierrick Guivarc’h maintient sa stratégie. IRIUM recrute, en privilégiant l’axe international, structure l’entreprise et réorganise le développement et marketing produits : « Il fallait aller vers un peu plus de cohérence et de convergence car le plâtre était encore humide après la fusion.».

Nous sommes en 2008 et le plan de croissance et de développement suit son cours. Mais mi-2008, c’est la crise. Une crise particulièrement sévère sur le secteur des poids lourds, des travaux publics et par la suite sur le secteur agricole.
« Nous avons basculés en 9 mois d’une phase de recrutement à une logique de réduction des coûts de 2008 à 2010. Le chiffre d’affaires est passé de 13 M€ à moins de 11 M€. Nous avons mis en place le chômage partiel, pour éviter de trop réduire les effectifs.».
Les actifs essentiels (produits et international) sont préservés, l’investissement sur l’innovation est poursuivi : « IRIUM, qui a le label OSEO Innovation, se concentre sur son cœur d’activité : le logiciel ».

L’investisseur a lui aussi laissé quelques plumes dans la crise. Le fonds est racheté par la banque Bryan Garnier, qui souhaite sortir du capital d’IRIUM.
Pierrick Guivarc’h fait appel à un intermédiaire pour l’aider à gérer ce changement capitalistique. « Initiative et Finance, un fonds labellisé FSI France Investissement, avait déjà regardé le dossier en 2007, et en janvier 2011, nous sommes parti en négociation exclusive avec eux. Nous avons bouclé l’opération en mai, la levée de fonds en capital a été de 3,4 M€, avec un équilibre actionnarial à 50/50 ».  Pierrick Guivarc’h, qui lui aussi est monté au capital, détient 27 %.
La stratégie reste la même, mais avec une société qui a une position de cash très forte malgré la crise et qui est réorganisée sur son cœur d’activité. Une société saine.

Les chiffres de 2011 sont en ligne avec le budget, IRIUM est en redémarrage de croissance, tous les indicateurs sont au vert. L’économie redémarre.
IRIUM est en croissance jusqu’au premier trimestre 2012. « Il y a un ralentissement, mais ce n’est pas la panique de 2008 », nous sommes plutôt en phase d’embauche ».
IRIUM Group compte désormais six sociétés, sans compter la holding d’acquisition. Le groupe compte une centaine de salariés et 30 % du chiffre d’affaires se fait à l’international. IRIUM est numéro 1 sur son secteur et les perspectives sont bonnes.
« Nous avions prévu dans notre stratégie une éventuelle croissance externe à l’international, mais cela peut changer. Nous pourrions aussi aller vers d’autres solutions pour notre développement dans les mois qui suivent ». Le chef d’entreprise n’en dira pas plus, mais sa niche de marché pourrait bien s’agrandir dans quelques mois…

Propos recueillis par Laurent Marinot

IRIUM GROUP
13, rue Jacques Monod
BP 96396
17001 La Rochelle Cedex 1
Site : www.irium-france.com

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