Michel Haudrechy a repris en 2010 GETE Construction, constructeur de maisons individuelles, principalement dans les départements de l’Eure-et-Loir et des Yvelines. Parcours et stratégie d’un chef d’entreprise soucieux avant tout de qualité et entouré d’une équipe parfaitement formée aux nouvelles normes de construction BBC (Bâtiment Basse Consommation).
Diplômé de l’EMBA d’HEC et titulaire d’un DESS gestion et d’un diplôme de stratégie de l’ESCP, Michel Haudrechy a d’abord travaillé durant quinze ans dans un groupe cimentier : « j’y ai occupé des fonctions commerciales dans le négoce de matériaux de construction et de béton prêt à l’emploi, puis de direction générale dans différentes régions françaises », explique-t-il. Quinze ans plus tard, il entre comme directeur commercial et marketing pour l’Europe dans un groupe industriel international. Cette filiale d’un groupe pétrolier autrichien fabrique des produits destinés aux travaux publics et au bâtiment.
Deux ans après, il devient président de la filiale française puis prend, en Autriche, la direction internationale du groupe. « En 2006, le groupe a jugé que sa filiale n’était pas stratégique, il m’a demandé de participer à sa session, avec un cabinet spécialisé. C’est un groupe hollandais avec un business identique aux Etats-Unis qui l’a rachetée ».
Michel Haudrechy revient en France et quitte le groupe en 2008. « Après avoir travaillé pour le compte d’autrui, j’avais envie de diriger ma propre entreprise, j’ai donc commencé à chercher à racheter une société en ciblant l’environnement du bâtiment et des travaux publics, dans la production ou les services ».
Habitué au management des grandes entreprises et à l’internationalisation, Michel Haudrechy vise plutôt des entreprises de taille significative. « C’était le début de la crise, le financement devenait difficile, j’ai regardé deux dossiers qui n’ont pas abouti ». L’entrepreneur change son fusil d’épaule. « Je faisais partie du club HEC Repreneurs, un lieu d’échanges qui permet de ne pas rester seul, d’être épaulé par d’autres chefs d’entreprise qui se posent les mêmes interrogations. Très vite, je me suis rendu compte qu’il fallait viser des entreprises de plus petite taille, faute de quoi je me retrouverais dans la même situation qu’auparavant, c’est-à-dire salarié avec 2 ou 3 % des parts et donc les mêmes contraintes ».
Lors d’une formation sur le financement organisée par le club HEC Repreneurs, il rencontre Thomas Galloro, le président d’IDF capital, un fonds labellisé FSI France Investissement qui a la particularité de ne jamais prendre de ticket majoritaire. « Nous avons travaillé ensemble sur plusieurs dossiers et finalement IDF Capital a participé au financement lors de l’acquisition de GETE Construction ». Les relations avec son actionnaire sont cordiales : « Nous avons deux ou trois comités de surveillance par an et un reporting mensuel sur l’activité, mais surtout des contacts permanents, dès que se pose une question, dès que j’ai besoin d’un conseil ».
GETE Construction réalise environ 6 M€ de chiffre d’affaires avec une quinzaine de salariés. « Nous gérons, pour le compte de nos clients, les dossiers de A à Z. Nous trouvons le terrain, nous les aidons à trouver le financement, nous avons bien évidemment des modèles de maisons et un architecte, nous déposons le permis de construire et nous suivons la construction jusqu’à la livraison de la maison. Notre métier est principalement axé sur le service, le conseil technique et la coordination des différents corps de métiers sur les chantiers ».
Le secteur de la construction de maisons individuelles est très concurrentiel et, de plus, traîne une image assez médiocre auprès du grand public. Dans sa stratégie, GETE Construction doit se différencier.
« Notre premier facteur de différenciation est la proximité, avec une société régionale, implantée depuis plus de trente ans sur l’Eure-et-Loir et les Yvelines, bénéficiaire d’un réel savoir-faire. Nous travaillons avec des sous-traitants locaux, les mêmes depuis longtemps. La différence se joue aussi dans la qualité, un élément qui, pour nous, est incontournable. Qualité de la construction, bien entendu, mais aussi qualité des services. Le contrat de construction des Maisons individuelles passé avec les clients, très détaillé et favorable à l’acquéreur, garantit le prix, les délais et la qualité de la réalisation ».
Pour atteindre les objectifs qu’il s’est fixés, un chiffre d’affaires de 10 M€ en quatre ou cinq ans, Michel Haudrechy a créé une nouvelle marque : Maisons First. Cette marque vient compléter l’offre historique : Les Demeures de Province. « Avec Maisons First, nous proposons des modèles parfaitement conformes à la norme BBC (Bâtiment Basse Consommation), norme obligatoire pour tout permis de construire à partir du 1er janvier 2013 ; avec les Demeures de province, nous sommes aussi dans des constructions de grande qualité, mais à des prix adaptés à une clientèle plus jeune, de primo-accédants ».
Le chef d’entreprise met un point d’honneur à former parfaitement ses salariés, mais aussi ses sous-traitants, aux nouvelles technologies. Par ailleurs, il communique beaucoup. « C’est une attitude nécessaire pour faire face à la situation actuelle compliquée, avec de grandes interrogations sur les mesures gouvernementales concernant le financement. Je vous rappelle que nos clients sont essentiellement des primo-accédants. Aujourd’hui, nous avons des dossiers, mais pour certains, nous ne pouvons pas les financer », regrette le chef d’entreprise, qui n’en reste pas moins optimiste, mais prudent : « Ce sont mes axes stratégiques pour 2012 et 2013, pour la suite, nous verrons en fonction de la situation économique ».
www.maisonsfirst.com
Propos recueillis par Laurent Marinot

