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Bruno Maisonnier, PDG d’Aldebaran Robotics et « papa » de NAO, le super-robot humanoïde

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Bruno Maisonnier

C’était en 2004… Bruno Maisonnier, Polytechnicien, 45 ans, pouvait considérer qu’il était un homme  « arrivé », puisqu’il dirigeait la filiale polonaise du Crédit Agricole après avoir assumé des fonctions de cadre dirigeant dans divers pays, comme le Portugal ou encore le Brésil. Son ancienne passion d’enfant n’était pas tout à fait éteinte, puisqu’il lisait toujours un peu de BD de science fiction. La vie s’écoulait, tranquille, il se « résignait » à être banquier. C’était compter sans une nouvelle qui lui saisit le cœur : de semaine en semaine, le succès de Aibo, le robot de Sony, se confirmait, et le canadien Woo-Wee faisait lui aussi un vrai « carton » avec son Robot Sapiens …  

« Cela faisait 25 ans que je suivais de près l’évolution de la robotique, ma passion d’enfance pour laquelle j’avais décidé de suivre des cours d’électronique, et qui m’avait même permis de me remotiver pour les études, explique Bruno Maisonnier. J’avais toujours eu la conviction qu’un jour les robots entreraient en force dans notre vie quotidienne. Et là, nous y étions presque… Il fallait se décider, c’était le moment ou jamais ! ». Alors oui, il a franchi le pas fatidique, abandonnant le confort d’une situation, cassant sa tirelire pour financer les premiers prototypes et les études de marché validant le concept. Sa société, Aldebaran Robotics, qui emprunte son nom à l’une des quatre étoiles royales des Perses, voit donc le jour en 2005, avec un premier apport personnel du fondateur – 280 000 euros. En perspective : des années d’incertitude, celles des développements mécaniques et informatiques, avec pour seule certitude une conviction chevillée au corps : la robotique connaîtrait le même succès grand public que nous observons aujourd’hui avec l’ordinateur, ou encore le téléphone portable.

NAO parle, il nous reconnaît… et sait apprendre !

« Qui, dans les années 1970, aurait su dire qu’en trente ans l’ordinateur personnel deviendrait un produit de masse, et indispensable ? feint de s’interroger Bruno Maisonnier. Il se produira la même chose avec les robots humanoïdes, comme le NAO que nous avons mis au point. Nous avons choisi de lui donner cette forme humanoïde car il a pour fonction d’interagir avec les humains… NAO sait déjà parler, reconnaître le visage de son interlocuteur. Il est capable de lire pour vous vos courriels ou un journal en ligne, ou même tout « le Rouge et le Noir » en y mettant le ton. Il sait même danser, il peut être farceur et blagueur ! Bref, c’est un petit compagnon – 57 cm de haut pour 3,2 Kg – qui sait s’adapter aux besoins de toute la famille : tenir compagnie aux jeunes enfants, surveiller la maison, ou tout autre fonctionnalité qu’on voudra lui apprendre, grâce au logiciel de création de comportement ».

Voilà donc le résultat auquel ont permis d’aboutir trois années de travail intensif de conception et de recherche, longue marche rendue possible grâce à une levée de fonds de 5 M € en janvier 2008, auprès de CDC Innovation et de Isource Gestion, via France Investissement. Une novation d’ailleurs déjà reconnue au plan international, puisque NAO a été très officiellement déclaré par les organisations professionnelles du secteur comme le robot actuel le plus sophistiqué au monde.

Encore une année d’attente pour le grand public

« Pour l’instant, explique Bruno Maisonnier, nous ne commercialisons NAO qu’auprès des laboratoires et instituts de recherche. Mais NAO est d’ores et déjà présent sur les cinq continents, en Europe bien sûr, et aussi aux Etats Unis, en Australie, en passant par le Chili, le Mexique, ou encore le Japon et la Chine. Depuis sa mise en vente en novembre 2008, nous en avons vendu trois cent, au prix de 12 000 euros. Bien sûr, le prix grand public, dont la commercialisation est prévue avant la fin 2010, sera de trois à quatre fois inférieur. On dit parfois que c’est encore cher. En fait, c’est un niveau de prix équivalent à celui des premiers ordinateurs personnels. Encore une fois, on connaît la suite : les prix ont baissé très fortement. On peut prévoir la même évolution pour nos robots ».

Mais, en attendant que NAO soit accessible au public, une trentaine de programmeurs bénéficient depuis fin juin du privilège exceptionnel de disposer de la version 3.1 de NAO. « Ce sont des passionnés que nous avons choisis pour leurs compétences professionnelles, et aussi pour leur motivation, puisqu’ils ont déboursé 4 800 euros pour disposer du prototype v3.1. Mais, ils sont enthousiastes à la perspective de participer à l’amélioration du robot, et, au final, ils recevront un NAO tout neuf ! » Cette approche de contribution participative est aussi un élément qui inscrit Aldebaran Robotics dans la modernité managériale et de communication, puisque, autour de NAO, l’entreprise a su créer un forum en ligne (quelque 1 500 inscrits) et une communauté de marque qui s’implique fortement, contribuant à créer de la valeur ajoutée au produit « final ». Un final qui ne sera d’ailleurs jamais ultime, puisque, grâce à son logiciel de création de comportement, NAO ne cessera jamais d’apprendre, même (et surtout) après sa mise sur le marché grand public.

En attendant, on observera aussi avec plaisir que non seulement toute la matière grise, mais aussi l’assemblage des NAO se fait actuellement dans les locaux parisiens d’Aldebaran Robotics. Certes, cette solution ne sera pas tenable lorsqu’il faudra faire face à la forte demande grand public, mais l’on souligne avec un plaisir évident, chez Alderaban, que NAO est très français, même s’il ne l’est pas à 100 %, certains composants étant réalisés en Suisse et ailleurs. Mais, c’est un fait, NAO a d’ores et déjà permis à Aldebaran Robotics de devenir le leader européen de la robotique humanoïde, et à la France de s’inscrire comme un acteur majeur de la robotique de service, un grand créneau d’avenir, notamment pour l’aide au maintien à domicile de personnes âgées ou dépendantes. Bruno Maisonnier, lui, voit son rêve d’enfant s’accomplir. NAO est un bébé très prometteur, et le public averti s’impatiente… Alors, petit « tuyau », pour ne pas trop se languir : plusieurs fonds d’écran représentant NAO sont téléchargeables sur le site de sa… maison mère, celle de son « papa » ! Où vous trouverez aussi les nouvelles de l’aventure au fil des jours. De quoi patienter, sans perdre NAO des yeux, et peut-être réserver un exemplaire, enfin !

ALDEBARAN ROBOTICS
168 bis - 170, rue Raymond Losserand
75014 Paris
Tél : 01 77 37 17 52
Site : www.aldebaran-robotics.com
Courriel : bparent@aldebaran-robotics.com

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